Maxime Blanchette-Joncas dénonce la chute de la part francophone au Fonds pour les nouvelles locales indépendantes

Le député de Rimouski–La Matapédia, incluant La Mitis, Les Basques et la Neigette, Maxime Blanchette-Joncas, dénonce la décision du CRTC d’élargir le Fonds pour les nouvelles locales indépendantes (FNLI) aux stations du groupe Corus, ce qui réduit fortement la part du financement destinée aux médias francophones. Cette baisse met directement en péril l’accès à une information locale et régionale de qualité en français. Ottawa doit intervenir sans délai.

Créé en 2016, le FNLI soutient les nouvelles locales dans un contexte de déclin des revenus publicitaires, en grande partie accaparés par les géants du numérique. « Le Fonds est essentiel pour les stations privées qui font de l’information locale. Jusqu’à récemment, 19 stations de neuf groupes indépendants en bénéficiaient », rappelle le député.

Or, en juin 2025, le CRTC a rendu admissibles 15 stations anglophones du groupe Corus, en s’appuyant sur les nouvelles obligations imposées aux entreprises numériques. Dans les faits, ces contributions tardent toujours. Les sommes disponibles ne suffisent plus. « Résultat : la part des médias francophones recule nettement. Ottawa doit renflouer le Fonds. On ne peut pas attendre que les géants du Web paient enfin leur part », affirme Maxime Blanchette-Joncas.

Le député souligne qu’en 2023-2024, les deux groupes francophones admissibles, RNC Média et Télé Inter-Rives, recevaient environ 26 % de l’enveloppe totale. Avec l’entrée de Corus, cette proportion est tombée à 14 % en 2024-2025, soit 8,1 millions de dollars sur 58 millions. Télé Inter-Rives possède notamment les stations CIMT et CHAU, affiliées à TVA, ainsi que CFTF, affiliée à Noovo, qui desservent plusieurs régions de l’Est du Québec, dont le Bas-Saint-Laurent. « On ne peut pas abandonner ces médias, déjà fragilisés. Aujourd’hui, près de 86 % du Fonds finance des services anglophones, surtout liés à Corus. C’est profondément inéquitable », dénonce-t-il.

Pour le député du Bloc Québécois, l’enjeu dépasse largement la seule question du financement. Il touche directement la vitalité démocratique des régions et la place du français dans l’espace public. Les médias régionaux francophones jouent un rôle essentiel : ils assurent une couverture de proximité, donnent accès à une information enracinée dans les réalités locales et contribuent à la vitalité de nos communautés.

Le Bloc Québécois demande donc une bonification temporaire du FNLI afin de permettre aux médias concernés de traverser cette période critique, ainsi que l’élargissement du crédit d’impôt pour la main-d’oeuvre journalistique aux radios et aux télévisions, comme l’a récemment fait le gouvernement du Québec.

« Affaiblir les médias régionaux francophones, c’est affaiblir directement notre démocratie locale et la place du français dans nos régions. Ottawa doit corriger le tir maintenant », conclut Maxime Blanchette-Joncas.