Dès aujourd’hui, 46 organismes communautaires du Bas-Saint-Laurent entrent en grève de services pour deux semaines. Ils unissent leurs voix aux organismes des quatre coins du Québec dans le cadre du mouvement « Le communautaire à boutte! ». À l’échelle québécoise, ce sont 1622 organismes communautaires qui sont en grève à l’occasion de cette mobilisation historique.
D’une même voix, ces groupes dénoncent l’essoufflement du milieu communautaire et réclament un rehaussement de leur financement afin de parvenir à répondre aux besoins de la population et d’assurer des conditions de travail décentes aux travailleuses et travailleurs de ce secteur.
Dans un contexte marqué par l’augmentation de l’itinérance, de la détresse psychologique, de l’insécurité alimentaire et des inégalités sociales en général, les organismes communautaires sont au front. Chaque jour, ils soutiennent des milliers de personnes dans le besoin. Mais ils le font avec des moyens en constante diminution. Et ils sont à bout de souffle.
« À titre d’exemple, au Centre d’action bénévole de La Matapédia, nous avons seulement 20 % de postes stables » selon la directrice Pascale Rioux. « La majorité de notre équipe travaille dans des conditions précaires liées à des projets temporaires. Cette instabilité fragilise les conditions de travail, la rétention du personnel et la continuité des services » poursuit-elle.
Ces conditions de travail dégradées ne sont pas seulement difficiles pour les travailleurs et travailleuses du secteur. Elles ont également un impact direct sur les personnes les plus vulnérables de notre société. Comme l’explique Cindy Desrsosiers, coordonnatrice de la Maison des jeunes de Matane et de Travail de rue – Matanie : « Avec seulement deux travailleurs de rue pour couvrir un territoire aussi vaste que la Matanie, l’équipe doit constamment prioriser les interventions et faire des choix difficiles quant aux situations à couvrir. Ça limite grandement notre capacité à rejoindre toutes les personnes qui auraient besoin d’un accompagnement et ça réduit la possibilité de leur offrir les suivis nécessaires. »
Au cours des deux semaines de grève et de mobilisation, différentes actions sont prévues : actions de visibilité et de sensibilisation sur les réseaux sociaux ; activités d’éducation populaire au sein des organismes ; rassemblement régional le 27 mars à Rimouski ; dépôt des mandats de grève auprès des député·e·s de la région ; flash mob et plus.
Le tout culminera avec une grande manifestation devant l’Assemblée nationale, le 2 avril prochain, où les organismes du Bas-Saint-Laurent se joindront aux groupes communautaires de partout au Québec pour faire entendre leurs revendications.
Note importante sur les modalités de la grève
Ce sont les organismes qui sont en grève et non leurs employé·e·s. Ces organismes ont obtenu un mandat de grève de la part de leur conseil d’administration. Selon les organismes, la forme que cette grève prendra est variable allant d’un ralentissement des services jusqu’à l’interruption complète dans certains cas.
Par nature, les organismes communautaires ont à coeur le bien-être de tous et toutes. Ainsi personne ne sera laissé sans un service de première nécessité. Les membres, participant·e·s et usager·ère·s sont invité·e·s à contacter leur organisme respectif afin d’en savoir plus sur l’impact de cette grève sur les services qu’ils et elles reçoivent.


